La Voie naturelle
Développement personnel, bien être, spiritualité…

Jean-Marie Paglia

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SOCIÉTÉ (1)

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Lundi 23 décembre 2013

 

Autoritarisme Versus Démocratie

Parmi les difficultés dont souffre la société française se trouve une constitution politique qui instaure, à toutes fins pratiques, un régime autoritaire très déséquilibré.

Qu'est-ce que l’autoritarisme?

« Le terme autoritarisme peut désigner aussi bien un comportement que le mode de fonctionnement d'une structure politique. L'autoritarisme consiste dans les deux cas en une prééminence, une hypertrophie de l'autorité » (Wikipedia.)

Dans tout groupe de personnes travaillant ensemble, il faut une organisation entre un petit nombre qui prend les décisions et un grand nombre qui travaille suivant ces décisions.

Dans de bonnes conditions, il y a accord entre les exécutants et les décideurs. On respecte les opinions de la base qui jouit alors de conditions saines. Les deux sont en équilibre.

Cela s’applique à tous les groupes fonctionnant ensemble, nations, sociétés, entreprises, famille, etc.

L’autoritarisme apparaît lorsqu'il y a une distorsion du système. Le petit groupe au sommet entreprend de tout décider en fonction de ses idées propres seulement. Il utilise les avantages de sa position pour imposer de plus en plus son pouvoir exclusif, ne se basant plus sur la diversité des opinions, mais essentiellement sur les siennes. Il se crée donc une scission entre la base et le sommet. Celui-ci dirige de plus en plus pour lui-même et s'accorde davantage de droits envers une base qui devient servile et aliénée. Plus le petit groupe dirigeant devient institutionnalisé et absolu, plus l’autoritarisme devient flagrant et nocif, car les intérêts exclusifs du petit groupe aux commandes s'exercent aux dépens de l'intérêt général.

Les exemples les plus typiques se voient dans les entreprises, petites et grandes, ainsi que dans les dictatures.            

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L'installation de l’autoritarisme en France

L’autoritarisme a été ré-installé en France avec la constitution de la Ve république.

Suite à la déliquescence de la république précédente, l'équipe en place a décidé d'instituer une constitution qui garantisse une gouvernance efficace de la nation.

Cette équipe n'avait que peu d’idée de ce qu'est une bonne démocratie, pensant que la démocratie ne pouvait être autre chose que la gestion affligeante du pays appliquée par la IVe république.

De plus, à travers l'obsession de pouvoir du Général de Gaulle, cette équipe se définit comme objectif d'assurer et de maintenir pour la France un rôle de grande puissance.

Le rôle de De Gaulle pendant la guerre et durant la décolonisation a été exemplaire, pragmatique, efficace, héroïque et glorieux. La nation lui reste à juste titre grandement reconnaissante.

Pourtant, sa stature grandiose masque à nos yeux une ombre obscure aux conséquences funestes.

Dans ses Mémoires de Guerre, De Gaulle proclame que la France «n’est réellement elle-même qu’au premier rang. La France ne peut être la France sans la grandeur... vouée à une destinée éminente et exceptionnelle».

Dans un discours, il proclame vouloir faire de la France « le plus grand parmi les grands. »

Cela n’est pas trop ridicule si on interprète « grand » dans le sens de « noble.»

Ou si l’on ne voit là qu’une sorte d’attachement œdipien viscéral à la mère patrie.

Quoi qu’il en soit, cette folie des grandeurs a présidé à ,la rédaction de la constitution, entraînant les conséquences dramatiques et funestes que nous subissons aujourd’hui.

Une situation qui ne marque pas un progrès vers un futur meilleur, mais un retour atavique vers la sujétion de la nation à un leader unique.

C'est ainsi que fut produite la constitution de la Ve république, qui aurait très bien convenu aux régimes autoritaires de l'Europe des années 30. Les constituants ne connaissaient pas autre chose pour réaliser leur objectif, c'est-à-dire avant tout une politique de puissance.

Un régime autoritaire ressemble à un régime fascisant

La constitution de la Ve république contient tous les ingrédients qui rassemblent entre les mains d'un petit groupe un pouvoir discrétionnaire.

La nature absolutiste du régime tient au déséquilibre qui rassemble les pouvoirs entre les mains de l'exécutif, lui asservit également le pouvoir judiciaire, et ne laisse au parlement que le rôle d'approuver ce qui a déjà été décidé, en mettant en scène un semblant de débat démocratique approfondi.

La politique de puissance se trouve dans les mains d'un exécutif qui peut à peu près tout se permettre (envoi de troupes en Afghanistan, base dans le Golfe Persique, bombardement de la Libye, emprise sur les télévisions... ou toute autre aventure) sans consultation du parlement. Cela peut devenir extrêmement dangereux, ou coûteux. Les pays démocratiques ne procèdent pas ainsi.

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Le Parlement quant à lui est réduit à un rôle mineur. C’est détruire à la base le fonctionnement d’une démocratie véritable. La démocratie n’est pas créée par le simple vote populaire. Tous les régimes dictatoriaux utilisent le vote pour se justifier.

Au contraire, le fondement de la démocratie repose sur le pouvoir réel du Parlement. Dans la démocratie moderne, le Parlement est apparu comme contre pouvoir opposé à l’arbitraire royal. Essentiellement, le Parlement est né du besoin des classes bourgeoises montantes de se protéger contre la taxation excessive pratiquée par le pouvoir royal.

Le rôle du Parlement est donc essentiellement de représenter les intérêts du peuple, et très précisément, ses intérêts pécuniaires. La constitution de la Ve république rejette le rôle fondamental du Parlement, qui est justement de contrôler l'imposition, donc de pouvoir refuser un budget. Le Parlement vote effectivement le budget, mais sans pouvoir le refuser.

Il s’en suit que la Ve république a instauré un régime n’ayant que l’apparence d’une démocratie véritable, c’est un simple décor.

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Contraint d'accepter le budget, le Parlement est réduit au rôle de légitimer l'impôt, sans pouvoir protéger le peuple d'une imposition excessive. Il ne peut pas non plus brider les ambitions démesurées de l'exécutif, dont il faudra supporter les conséquences.

Mais le parlement représente-il vraiment le peuple?

Il est composé en grande partie de fonctionnaires qui auront par conséquent toujours tendance à accepter le point de vue de l'état plutôt que celui du citoyen, d'autant plus qu'ils sont choyés, grassement payés, pour ne pas dire « achetés » à cette fin. Les députés se représentent surtout eux-mêmes, et n'hésitent pas à se voter discrètement des avantages exorbitants.

Quant à leur rôle législatif, n'oublions pas que 90 % des projets de loi sont soumis par le gouvernement.

Un sondage Ipsos du 24 janvier 2013 montre que :

82% des gens approuvent l'affirmation selon laquelle les responsables politiques "agissent principalement pour leurs intérêts personnels", 72% allant jusqu'à dire que "le système démocratique fonctionne plutôt mal en France".

Les dérives fascisantes :

La démographie

L'outil essentiel dont un état ambitieux a besoin pour accomplir sa politique de puissance est une forte population. Depuis l'avènement de la Ve république, le pays est donc engagé dans une croissance démographique forcenée.

L'objectif de la croissance démographique frénétique est d'atteindre 80 millions d'habitants ( Michel Debré en voulait 120 millions. Lui et son compère de l'Elysée étaient donc vraiment sur la même ligne que les dictateurs avant eux. On se souvient qu'ils interdisaient la contraception.) Le pays y va bon train, ayant déjà « grandi » de 50 % en 50 ans.

Des coups de Cocorico saluent régulièrement la prouesse, cependant l'objectif reste aussi discret qu'un secret défense. Il ne s'agit pas que la population soit mise au courant de ce qui se passe et préfère un choix différent. Il se trouve qu'un gouvernement possède tous les moyens d'orienter l'opinion à sa convenance. Grâce à son emprise sur les médias, il possède les moyens de fabriquer le consentement de façon imperceptible et indolore selon les besoins.

Cette politique démographique a été mise en oeuvre en utilisant l'immigration massive de millions de migrants, et une politique d'allocations très généreuse, comme par exemple celles du troisième enfant.

Curieusement, les cocoricos avec lesquels on flatte le bon public sonnent creux hors des frontières. Ces dernières années, la natalité a chuté et reste basse dans plus de 100 pays au monde. Elle ne demeure un problème que dans les pays sous-développés.

Il s'agit là d'une remarquable réaction de la population par libre choix, pour protéger la planète, et sa qualité de vie. Mais cela ne peut se produire que dans les nations qui ont droit à un comportement reproductif naturel et spontané, qu'il soit conscient ou non, ainsi qu’à un grand espace de pensée autonome bien dégagé. Pas partout...

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La politique de l'état français contraste aussi curieusement avec celle d'un pays d'immigration profondément démocratique, le Canada.

Là-bas, les immigrants ne sont reçus que d'une façon contrôlée qui assure qu'ils s'intégreront facilement dans le tissu économique et ne seront pas une charge pour la société. Le gouvernement se sent responsable envers une population dont les opinions et les intérêts doivent être entendus. Il va sans dire que ce pays n'a pas besoin de CSG1, ni de CSG2, ni de CRDS...

Une vraie démocratie se doit de gouverner "avec le consentement de la population," et autant que possible, un consentement informé au lieu d'un consentement fabriqué.

La politique française vise au contraire un gonflement démographique à n'importe quel prix, car il s'agit de répondre à l'ambition de puissance, et non pas aux préférences légitimes de la population.

Il est donc intéressant d'examiner les résultats de cette politique.

L'île de la Réunion en donne un micro exemple.

C'est là qu'allait se faire élire Michel Debré, grand artisan d'une forte démographie. Sa politique généreuse a fait naître des milliers de bébés-braguette comme ils sont appelés. Maintenant ces classes de jeunes se trouvent sans aucun avenir devant eux, avec un taux de chômage de 60 %.

Quel glorieux résultat pour ce grand leader visionnaire !

Seul un imam aurait pu faire mieux.

C'est bien triste, mais c'est exactement ce qui est arrivé en métropole suite à la politique d'immigration massive.

De Gaulle avait fait le tour de l'Ile-de-France en hélicoptère pour inspecter les endroits où implanter les villes nouvelles devant accueillir les nouvelles masses de travailleurs importés pour fabriquer de la grandeur.

On leur a préparé d'avance de belles barres d'immeubles, tout était prévu.

Mais rien ne s'est passé comme prévu. La greffe artificielle de ces masses immigrées sur la société n'a pas pris. Les quartiers sont devenus des tâches sombres où le chômage oscille entre 20 et 40 %.

Les conditions de travail dans l'enseignement, dans la police, dans les transports, dans les hôpitaux se sont dégradées. La délinquance, la criminalité, l'insécurité augmentent, car ces populations n'ont d'autres ressources pour vivre que les subsides étatiques ou les trafics illicites.

Les gens ne comprennent pas qu'ils n'ont été que des instruments d'une politique qui ne les concerne pas directement. Ils n'ont d'autres moyens d'exprimer leur désarroi que de brûler des voitures, ou parfois, de lancer des émeutes.

Un sondage Ipsos, publié le 24/01/2013 indique :

29% seulement jugent que "l'immense majorité (des immigrés vivant en France) est bien intégrée". 70% partagent l'idée qu'"il y a trop d'étrangers en France".

Le bon peuple français est par force solidaire de ses dirigeants visionnaires, et doit accepter la facture par solidarité avec eux.

Mais le prix à payer pour une politique de gonflement démographique accéléré, c'est également la dégradation de la qualité de vie inséparable d'une dense population.

La qualité de vie qui a été perdue quand on se trouve dans 200, 300, 400 ou 500 kms de bouchon n'est plus récupérable. La frénésie, le stress, la compétition qui agitent les centres urbains et les sociétés denses ne peuvent plus disparaître.

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Est-ce là la norme d'un bon mode de vie ? Faut-il choisir pour les nouvelles générations une existence qui se résume à se frayer un chemin dans une masse compacte après une autre, de cohue en cohue, et ainsi de suite ? Choisir de sacrifier les derniers espaces qui restent et que les voisins envient ? La politique française ne doit-elle pas se trouver en accord avec les besoins du reste du monde ?

L'existence au sein d'une pullulation toujours plus dense qui ne cesse de générer toujours plus de tensions et de stress n'est pas favorable à une évolution positive de la société ou des individus. Il est difficilement admissible que cela soit imposé au pays, que le pays soit mis encore une fois devant le fait accompli. D'autant plus que la tendance du peuple français avait toujours été de garder la mesure et de se maintenir dans un équilibre naturel en ce domaine. Il y a donc bien un conflit entre les désirs de l'état et ceux de la société.

Il appartient à la société de décider en toute connaissance de cause, c'est ce qui s'appelle un droit naturel. Le type de droits fondamentaux qui n'appartiennent pas aux états.

Le nucléaire, autre dérive absolutiste

Le nucléaire est le domaine où le triomphe de l’absolutisme autocratique français est le plus flagrant.

C'est par excellence le domaine qui concentre le plus de pouvoir entre le moins de mains et garantit le plus de puissance. L'énergie nucléaire civile et militaire répond parfaitement à une soif de puissance illimitée. On en voit le résultat avec une production d'électricité nucléaire à 85% alors que les pays moins intoxiqués mentalement se limitent prudemment autour de 20 %.

Cela indique bien que cette politique est irresponsable. Car les conséquences sont en tout point désastreuses : désastreuses financièrement, vu le coût d'aventures comme Super Phénix ou celui du démantèlement futur des centrales. Désastreuses par les risques environnementaux et sanitaires de la gestion des déchets. Désastreuses par le risque d'accident catastrophique. Désastreuses moralement de laisser aux générations futures un héritage aussi nocif qui n'aura pas de fin, semblable à une damnation.

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Le nucléaire illustre parfaitement à quel point l’emprise technocratique absolue est désastreuse pour un pays.

Si l’opinion publique avait été correctement informée et consultée, les choix, et les résultats auraient été bien différents. Les technocrates de génie qui ont décidé de tout miser sur le nucléaire ont conçu leur projet fascinant sans voir les choses les plus importantes.

Sans voir que le coût du démantèlement de centrales pourrait atteindre plusieurs centaines de milliards d’euros et devenir inabordable. Sans voir que les énergies renouvelables sont une mine de richesse et d’emplois sans risques.

Il faut bien toute la facilité d'un état à manipuler l'opinion pour faire accepter cela à un pays. Mais la fabrication de l'opinion sur mesure fonctionne très bien, comme l’a démontré Noam Chomsky.

Ainsi l'état peut-il se permettre de n'avoir aucune intention de renoncer. Après les catastrophes majeures qu'ont été Three-Mile-Island, celles de l'Oural, Tchernobyl et Fukushima, il est décidé de continuer de plus belle, de poursuivre de nouveaux projets, car la caractéristique typique de l’absolutisme, c'est que par nature, il ne peut pas s'arrêter.

Il ne peut pas être stoppé car la décision dépend de ceux qui en profitent le plus. La seule façon pour qu'un processus autocratique s'arrête, c'est qu'il soit détruit par lui-même, par les propres excès qu'il engendre.

La fiscalité

Tel qu'il est pratiqué en France, soigneusement enrobé dans un gant de velours, l’absolutisme est incolore, inodore et sans saveur. Mais il n'est pas sans douleur, vu sa conséquence sur les taux d'imposition.

Il est évident qu'une politique de puissance ne s'assouvit jamais, et exige une pression fiscale qui ne s'assouvit jamais.

L'illustration du problème est donnée par les exilés fiscaux, une réaction inévitable dans un pays où l'état peut pomper sans limites dans les ressources des contribuables et des entreprises sans être responsable des gâchis engendrés.

A elle seule, la politique démographique conduit à des prélèvements multiples et incessants (GSG. CRDS, autres prélèvements sociaux) de même que toutes les autres politiques telles que les fastes républicains, les représentations à l'étranger, etc...

Ce douloureux problème est connu de tous, en voici encore la démonstration dans l'article du magazine Le Point, intitulé « Impôts, cette folie fiscale française, » du 15 mars 2013.

Par Emmanuel Berretta

« Gilles X., la quarantaine, est un entrepreneur tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Il emploie 280 personnes dans sa société dans un secteur de haute technologie. Et chaque année, comme beaucoup de chefs d'entreprise, il acquitte pas moins de 11 taxes et impôts différents : la taxe d'apprentissage, la taxe transport, la PEEC (participation des employeurs à l'effort de construction), la taxe handicapés (AGEPHIP), la participation à la formation professionnelle continue, la CFE (contribution foncière des entreprises), la TVS (taxe sur les véhicules de société), la taxe à l'essieu (sur certains camions), la sécurité sociale des indépendants (RSI), la CVAE (contribution sur la valeur ajoutée des entreprises) et, bien sûr, l'impôt sur les sociétés... Dieu sait s'il faut avoir l'esprit d'entreprise chevillé au corps pour tenir bon sous ce tir nourri !

La France aime peut-être ses entrepreneurs mais elle a surtout une passion pour l'impôt. À telle enseigne que la fiscalité française a atteint, en 2013, un niveau inégalé dans l'histoire du pays ! Les prélèvements obligatoires représentent 46,3 % du PIB, en hausse de 65 milliards depuis 2011. Le précédent record - 44,9 % du PIB en 1999 - est loin derrière nous. Et chacun de nos gouvernants y a mis du sien : le gouvernement Fillon a fait voter, entre la fin 2010 et la fin 2011, des mesures entraînant une hausse totale des impôts de 31,2 milliards d'euros. Le gouvernement Ayrault y a ajouté, entre juillet et décembre 2012, 33 milliards d'euros supplémentaires. Record battu ! Et cela aurait pu être pire : Christian Eckert, le rapporteur du dernier budget, a tenté de charger la barque plus d'une fois à travers ses 571 amendements !....

...En 1960, le taux n'était que de 30,6 %. Sous la présidence de Giscard d'Estaing, entre 1974 et 1981, les taux connaissent une première montée en flèche en passant de 34,2 % à 40,4 % du PIB. Depuis 1996, le taux oscille autour de 43 à 44 %. Même si les comparaisons internationales sont toujours délicates, la France se situe très au-dessus des moyennes européennes....

….En matière d'impôts et de taxes, la créativité française ne s'est jamais démentie. En 1991, le gouvernement Rocard est passé à la postérité en inventant la CSG pour diversifier le financement de la protection sociale. À l'origine, son taux était de 1,1 %. Nous en sommes à 7,5 %. En 1996, Alain Juppé a, pour sa part, inventé un impôt extrêmement "rentable" : la CRDS (contribution pour le remboursement de la dette sociale). À l'origine conçue pour 5 ans, la CRDS s'est vu accorder une seconde vie jusqu'en 2017. On ne serait pas étonné qu'elle survive à cette date prétendument butoir...

Nicolas Sarkozy a, quant à lui, baissé les impôts via la loi TEPA - ce qui lui fut reproché - mais créé un nombre incroyable de nouvelles taxes. On en recense au moins 23 sous son quinquennat... Un rapide inventaire à la Prévert laisse entrevoir l'activisme fiscal d'un État ruiné et désemparé : taxe sur les nuitées d'hôtel supérieures à 200 euros, taxe sur les entreprises privées du secteur ferroviaire, taxe pour financer le Grand Paris, taxe sur les bonus exceptionnels des traders, sur les boissons sucrées, mise à contribution des sociétés privées de sécurité, création d'un timbre fiscal de 35 euros pour toute action judiciaire et d'un autre de 4 euros pour toute immatriculation d'un véhicule neuf... Arrêtons là cette litanie morose.... »

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Sous le quinquennat Hollande, la liste continue de s’allonger : lourdes taxes sur le patrimoine, cigarettes, alcool, relèvement de l’impôt sur le revenu, taxe à 75%, augmentation de la TVA, et ainsi de suite. La machine infernale ne peut pas être stoppée.

Le malheur, c'est que les Français sont pris dans un mécanisme aveugle par rapport à lui-même, et qui ne peut pas être arrêté, sauf s'il produit un crash contre lui, ce qui peut prendre du temps. On sait ce qu’il advient immanquablement des grenouilles qui s’efforcent de devenir aussi grosses que les bœufs.

Il appartient aux citoyens d'analyser et de comprendre ce mécanisme pour apporter les bonnes corrections au moment voulu. Il faut voir qu'il s'agit d'une rupture d'harmonie entre l'état et les citoyens, dans laquelle ceux-ci ne vivent plus essentiellement pour eux-mêmes, mais sont devenus des bêtes de somme pourrait-on dire, ou des instruments d'ambitions qui les dépassent et qu'ils n'ont pas approuvées. Tout ce qui existe, tout ce qui bouge, est inexorablement mis à contribution pour le même objectif, la politique de puissance.

La liberté d'expression

Tout régime autocratique se doit de contrôler l'opinion publique, ce qui se fait, entre autres moyens, en jugulant la liberté d'expression, au moins sur ce qui touche à ses objectifs fondamentaux.

Témoignage tiré d'un article de G. Koenig paru dans Le Point du 19 déc.2013:

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http://www.lepoint.fr/invites-du-point/gaspard-koenig/exclusif-et-si-la-france-n-etait-plus-le-pays-des-libertes-19-12-2013-1771863_2002.php

 "Nous avons plus que jamais besoin de combattants de la liberté, à l'heure où le gouvernement nous impose sa morale puritaine, sa vision archaïque de la planification, sa puissance d'extorsion légale.

Jetez un coup d'oeil sur les classements internationaux, simplement du point de vue des libertés individuelles. Democracy Index : France, 28e dans la catégorie des "démocraties imparfaites". Press Freedom Index : France, 37e, entre le Ghana et le Salvador. Index of Economic Freedom : France, 62e, entre la Thaïlande et le Rwanda.

Autre chiffre glaçant et moins connu : la France détient la quatrième place des pays les plus condamnés par la Cour européenne des droits de l'homme pour violation de son article 10 protégeant la liberté d'expression - juste derrière la Turquie, l'Autriche et la Russie...

La liberté d'expression ! ...  le législateur, plein de bonnes intentions et d'ignorance, a élaboré depuis quarante ans l'un des cadres les plus restrictifs des pays développés. La multiplication des procédures de diffamation, où la charge de la preuve est inversée, reflète l'extrême judiciarisation du débat public. Le moindre propos un peu tranchant peut aujourd'hui valoir de multiples poursuites. Et ce n'est pas fini : en février dernier, la sénatrice EELV Esther Benbassa a proposé de former un groupe de réflexion pour "faciliter la répression des propos sur les réseaux sociaux"...

L'état et la personne

Une autre caractéristique typique d’un régime fascisant est de contrôler toute liberté, car il s'agit de veiller à ce que le pouvoir exclusif des élites ne soit pas menacé.

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Cela se manifeste de deux façons :

D'une part, brider toute expression de liberté, fut-elle des plus innocentes, car un domaine où l'autorité de l'état n'est pas présente constitue une limitation, et donc un défi, pour l'autorité de l'état.

D'autre part, imposer de multiples obligations qui assoient la toute puissance de l'état dans tous les domaines.

Un tel empiétement sur l'espace vital des personnes est dramatique.

Exemple entre mille de mise « sous étroite surveillance » de toute expression de liberté : il a suffit que quelques illuminés aient envisagé de se rendre à Bugarach en pleine cambrousse célébrer la fin d'un cycle calendaire pour qu'ils soient précédés par un bataillon de CRS !

Exemple entre mille des obligations aussi inutiles que contraignantes que les ministères émettent à longueur d'année : pour louer un appartement, fournir obli-ga-toi-re-ment un certificat de qualité énergétique. Cela n'intéresse qu'un quidam sur mille, alors pourquoi ne pas rendre la chose facultative et réservée à ceux qui le demandent ?

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Le harcèlement administratif existe, mais il n'est pas encore reconnu comme un délit, et il fait de ce pays l’un des plus étouffants qui soient.

Beaucoup plus dramatique : tout état fascisant est un état policier, que cela se voie ou non. En fait, cela se voit parfaitement bien dans la multiplication des fichiers de police, beaucoup plus développée que la nécessité ne le demande.

En matière de police, les Français ont quand même eu la chance que l'influence des voisins européens parvienne à civiliser un peu le comportement de l'état en matière de garde à vue. Et il y en a des centaines de milliers en France chaque année, pour la moindre des raisons.

La Cour européenne des droits de l'homme est aussi devenue un heureux recours qui condamne régulièrement l'état français pour ses abus en matière de droit envers la personne, par exemple à propos des prisons.

Tout le monde en souffre, mais peu de gens peuvent l'exprimer. Il faut donc saluer la sortie du livre "Égalité, taxes, bisous" dont voici la présentation :

« Plus à propos, et même si ce livre est avant tout un recueil d'une sélection de billets que j'espère amusante et pertinente, il constitue aussi un témoignage, une tranche de vie française analysée sous l'angle libéral en conservant à l'esprit qu'il fut un temps pas si lointain où la France était un pays de liberté, se réclamait de ce principe et le prouvait effectivement par une grande bienveillance de l'État vis-à-vis de ses administrés. C'était un temps où l'État n'occupait pas plus de la moitié des activités, ne pompait pas plus de la moitié des richesses du pays, et n'intervenait pas depuis la première claque administrative et obstétrique sur les fesses jusqu'au dernier récépissé en triplicata d'une succession suite à enterrement. C'était un temps où les notions de propriété et de responsabilité voulaient encore dire quelque chose de concret et garantissaient ainsi l'exercice normal et régulé de la liberté des citoyens.

Ce temps est maintenant largement révolu, et le contraste que le recueil fournit dans chacun de ses textes est si grand qu'il oscille entre l'absurde d'un pays dépassé par sa bureaucratie devenue folle et le comique de situations incontrôlables. Vous découvrirez ainsi au fil des pages l'opposition de deux pays, de deux populations. D'un côté, une France qui travaille et tente de s'adapter aux avanies que lui réserve, de l'autre côté, une section bien spécifique de la population qui forme la Fraônce. »

L'extension incessante de la pieuvre administrative se poursuit inlassablement dans les domaines où il restait un brin d'autonomie aux citoyens, par exemple les conseils municipaux. Ceux-ci sont en train d'être noyés dans des structures plus larges où l'expression personnelle sur les décisions locales ne peut plus être prise en compte, mais est au contraire remplacée par les vues imposées d'en haut.

C'est la situation classique de la démocratie à l'envers où, au lieu que l'état entende l'expression populaire, l'état « fait de la pédagogie » et explique aux élus ce qu'ils doivent faire et ce qu'ils doivent penser. La plupart des consultations sont de ce style et visent à faire passer des plans pré-établis. On le voit dans l'exemple de l'aéroport de Nantes, projet fort discutable conçu pour répondre aux désirs de quelques grands acteurs, à l'encontre des idées et intérêts plus profonds de la population.

On le voit aussi par exemple dans les « grands » projets de « grandes métropoles » autour des grandes villes (Lyon, Marseille, etc.) Une situation où le rôle des élus sera noyé et le contrôle de l'état renforcé. Les choix et décisions n'appartiendront plus aux citoyens, mais aux « experts. »

La technocratie étouffe la démocratie parce qu'elle a des visées bien précises, à défaut d'être explicitées.

On sait pourtant bien que le propre des experts est de se tromper puisque leurs décisions sont prises dans une optique restreinte et sans l'équilibrage qu'apporte le bon sens populaire qui lui peut voir plus large et plus loin.

Ils peuvent surtout se tromper sur les objectifs globaux de la société.

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Une Constitution

Thomas Jefferson disait que chaque génération ferait bien de ré écrire la constitution qu'il lui faut. Parce que le pouvoir corrompt, et les anglophones rajoutent : « le pouvoir absolu corrompt de façon absolue. »

La constitution américaine, incontestablement la plus équilibrée au monde a été totalement pervertie par les puissances de l'argent et ne garantit plus du tout l'exercice de la démocratie.

En contrôlant les médias et le Congrès, le pouvoir de l'argent parvient sans problème à façonner le résultat des élections et la nature des lois qui sont produites.

Les Français ne devraient donc pas hésiter à mettre en cause leur constitution.

La démocratie n'est pas ancrée dans la culture française. Démonstration en a été faite par l'épouvantable ratage que fut la Révolution s'achevant dans la dictature et le retour à la monarchie, à comparer avec les fruits de la Révolution américaine.

La culture latine est porteuse des gènes de l'autoritarisme et du dirigisme. Difficile dans ces conditions de concevoir une constitution réellement démocratique.

Suffit de voir comment les intervenants se coupent la parole dans les débats pour comprendre à quel point ils sont éloignés d'un comportement démocratique. Etre démocratique, c’est comprendre que personne n’est porteur de la vérité toute entière, mais que chacun porte une portion utile de la vérité.

Il ne faut pourtant pas désespérer, car la démocratie est tout simplement l'expression de la sagesse populaire, meilleure que n'importe quel autre système, à condition quelle soit éclairée par des débats complets et ouverts.

Les médias sont le poumon de la démocratie. Or à deux ou trois exceptions près (Le Canard, le Monde diplomatique, Médiapart…) ils sont partout étroitement encadrés par le pouvoir de l'argent.

Le sondage Ipsos du 24/01/2013 révèle que : 58% des gens pensent que les médias "font mal leur travail", 42% étant d'avis contraire.

Après 40 ans d’autoritarisme, les Français ont accumulé un très lourd passif qui ne cesse de s'aggraver et sera très long à dégager.

Le pays vit sur les bases d'un régime dictatorial feutré. Il se doit d'aller vers un nouvel équilibre et de remettre l'état à sa place.

De Gaulle et Debré on poussé le balancier beaucoup trop loin pour rétablir la France. Il ne faut pas le pousser trop loin dans l'autre sens pour corriger l'erreur.

Le problème est que la démocratie a toujours raté en France. Les Français savent fort peu ce qu'est la démocratie. Ils doivent aller l'apprendre dans des pays comme l'Allemagne ou le Canada.(Des pays qui par ailleurs ne s'en tirent pas trop mal dans la jungle de la géopolitique.)

Il est nécessaire de rendre au parlement son rôle réel dans un système qui assure aussi la stabilité. Un système qui permette de gouverner de manière efficace et consensuelle en répondant réellement aux aspirations des citoyens, et en maintenant l'équilibre entre l'exécutif et la base.

Un tel système repose sur l'idée que la sagesse populaire vaut au moins autant que les avis des technocrates, et qu'on peut autant lui faire confiance.

La cohésion nationale se gagne par cette confiance. S'il était un jour nécessaire d'engager des réformes de fond plus essentielles, (contrôle de la finance, des lobbies...avancées en économie solidaire) la cohésion nationale fondée sur cette confiance serait nécessaire pour les réaliser, alors que l'état solitaire opposé à son peuple ne peut les obtenir. Capitalismedemocratie1

En effet, il est curieux que tous les états qui sont si puissants pour faire circuler leurs porte-avions sur les océans et matraquer les protestataires dans la rue fassent toujours humblement profil bas devant la puissance de la finance. Cela pose beaucoup de questions.

Voici pourtant un micro exemple instructif :

En Islande, l’effondrement financier de 2008 a été suivi d’une importante révolution populaire. Les Islandais sont parvenus à envoyer les banquiers responsables faire un séjour en prison. Ils ont refusé de renflouer des banques qui avaient été privatisées gratuitement. Il se sont même mis à l’œuvre pour écrire une nouvelle constitution fondée sur des consultations participatives ouvertes. Le système politique en place tend à ignorer ce modèle de constitution nouvelle, mais le mouvement se renforce pour le faire accepter par le parlement.

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Il échappe aux énarques que la finalité de l'existence, la condition humaine, exige une liberté individuelle plus grande que l'état autocratique ne peut accorder. Un état anti démocratique est un obstacle à la vie naturelle et aux droits naturels du citoyen et donc, au déploiement normal de sa destinée, (au bout du compte échapper à une existence robotisée.) Du même coup, c'est tout autant un obstacle à l'évolution positive de le nation et même à celle de la planète.

La question est finalement de savoir si la population peut définir autant que possible le mode de vie et les objecifs politiques au lieu de s'en remettre à de grands leaders et technocrates qui fatalement la conduiront dans des impasses puisque leurs vues sont partielles et limitées.

Dans sa fonction constitutionnelle toute puissante, le président s’est essayé à faire passer des lois hautement contestées. Il a ainsi soulevé une opposition multiple et hétéroclite qui n’a aucune autre unité que le rejet d’un despotisme suranné et débilitant.

Ce cri du peuple contre l’omnipotence arbitraire de l’état est encore indistinct et cherche confusément à se définir.

Il ne fait pourtant aucun doute que ce refus généralisé est motivé par la nécessité d’un remaniement complet des institutions.

L'Allemagne a viré sa cuti, l'Espagne a viré sa cuti. Les maux profonds de la société française perdureront tant que nous n'aurons pas de démocratie véritable.

Il nous appartient de réclamer la démocratie véritable, comme en Allemagne !!!

Il en va du bonheur de nos enfants, et du nôtre.

 

 

 

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